La construction de la salle de classe est terminée ! Merci à tous pour votre aide !

DjeuDjeu, le 22 novembre 2019

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    ASSOCIATION NULU DIASPORA EUROPE


 

    NEWSLETTER  NULU DE

    JUILLET  2019

Bonjour à tous,

Cette newsletter est la quatrième édition d'une initiative destinée à être pérenne, de d'informations au sujet de la communauté Baloum dans le monde.

Nous nous servirons de vos remarques, vos retours et vos suggestions pour en adapter le format, son contenu ayant vocation à être publié très prochainement sur le site internet de l'association .

Il s’agit d’un entretien avec Mme MAKOUKEU DJIKOU Anne-Dorette, ressortissante Baloum résidant à Bruxelles en Belgique.

L’Entretien : MAKOUKEU DJIKOU Anne Dorette , Belgique, Cofondatrice et Social Manager de Medicasure.

Ci-après un échange avec MAKOUKEU DJIKOU Anne Dorette   (le transcript a été édité pour plus de concision).

Bonjour, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour à tous, je m’appelle Anne Dorette Makoukeu Djikou, maman de 5 filles résidant en Belgique depuis 18 ans.

Je suis née à Yaoundé et j'ai grandi au Cameroun . Mon père travaillant pour le groupe TOTAL, nous le suivions partout quand il était appelé à se déplacer pour son travail.

Quels vos occupation(s), formation(s) et/ou projet(s) actuel(s) ?

J’ai fait plusieurs formations, dont la plus récente est le management de formations et formatrice. Avant cette formation, j’ai travaillé comme assistante sociale puis comme ingénieure en action sociale.

Comme jobs actuels je suis sur plusieurs fronts : d’une part je suis assistante sociale ; d’autre part je suis manager de formations et formatrice.

En tant que chef d’entreprise, je suis consultante en gestion de maison de repos et de soins pour seniors.

J’ai aussi une activité associative. Je suis présidente de l’association Horizon Dignité ( qui se deviendra prochainement Phoenix of Hope Foundation) . Cette association s’occupe de la défense des droits fondamentaux de l’Homme, la sensibilisation, la prévention et la gestion de crise pour des personnes en situation d’immigration clandestine ou choisie. Elle prend aussi en charge des personnes qui arrivent en Europe en situation de précarité administrative et financière, et facilite leur intégration par le logement, la formation, la provision de ressources diverses, l’énergie , le travail et la culture.

Je suis également secrétaire nationale de la Fédération des Associations Camerounaises de la Diaspora (FASCADI). Cette association a pour but de fédérer les associations camerounaises autour de projets communs par la prise en compte des potentiels de chaque groupe qu’ils soient structurels ou associatifs. Cette association a animé le week-end du 28 et 29 juin lieu les journées Camerounaises de Belgique, permettant aux participants de découvrir le Cameroun, Afrique en miniature, dans sa splendeur. Cette année, nous avons abordé avec les Camerounais présents la question de comment mieux comprendre les APE (Accords de Partenariat économique) Cameroun - Afrique Centrale - Union Européenne pour mieux cerner les chances et  opportunités d’affaires pour la diaspora et la diaspora camerounaise en particulier.

Il en est ressorti clairement qu’au départ ces conventions devaient être signées entre l’Union Européenne et l’Union Africaine, qui, malheureusement, financièrement dépendante de fonds occidentaux, a perdu son pouvoir.De ce fait, l’Union Européenne a pu ‘diviser pour mieux régner’ en signant ces accords avec les pays de manière isolée. De nos jours, seul le Nigeria a pu tenir tête en refusant de signer ce traité jugé non favorable pour sa population. Les accords APE sous leur forme actuelle seront abolis en 2020. De nouvelles négociations sont en cours concernant la forme définitive prise ces accords à cette date.

Il est important de lever la confusion entre le commerce comme instrument de développement et le développement lui-même, et de noter qu’il n’existe pas de réelle politique agricole commune pour l’Afrique en général et le Cameroun en particulier. Un important manque à gagner pour ces pays du Sud reste non compensé face à l’élimination des droits de douane du nord vers le sud, mais la présence de barrières non tarifaires entre le sud et le nord. Les ACP ne se prononcent ni sur le franc CFA, ni sur l’Union Africaine, la maîtrise de la monnaie étant pourtant un instrument important pour le développement d’un État.

Comme réponse à la question sur les opportunités pour la diaspora, nous pouvons observer l’élargissement des marchés africains qui doit intégrer l’innovation qualitative et quantitative, la diversification des business et des partenaires, la transition écologique(plus de 300 nouveaux mines découvertes dans les sous-sols camerounais) et la désindustrialisation atypique(beaucoup de jeunes oisifs, pourtant bien formés qui font fructifier l’économie informelle). Somme toute, ces opportunités ne peuvent être saisies si on a pas un bon ‘risque/pays/continent’ (meilleure qualité de justice, de l’administration, sécurité des biens et des personnes, qualité des infrastructures, stabilité économique, faible niveau de corruption).

La journée du 29 a tourné autour de la promotion de la culture camerounaise suivi d’un match de gala entre les Anciennes Lionnes Indomptables du Cameroun et les Vétérans de Belgique. Rendez-vous est pris pour le dernier week-end du mois de juin 2020 pour la prochaine édition.

Après trois mandats consécutifs à la tête du Cercle des ressortissants Menoua du Benelux, j’en suis , depuis le mois d’Avril 2019, Présidente d’Honneur. Face à mes nouvelles responsabilités, j’ai renoncé à mon poste de Présidente afin d’éviter un cumul de fonctions, gagner en efficacité, et permettre à d’autres talentueux membres de l’association de faire leurs preuves à ce poste.

J’ai également des responsabilités au sein du bureau de Nulu Diaspora Europe où je suis en charge de la recherche de financements. Je suis notamment très fière de présenter le dernier gros projet de l’association : la construction de la salle de classe à l’école publique de Nsang II, à Baloum, dont le budget s’est élevé à 10 000 euros, issu de deux campagnes de financement participatif, menées à leur terme, avec le soutien de toute la communauté Baloum et de tous nos sympathisants. C’est l’occasion pour moi de leur dire merci pour ce geste de coeur.

Comme hobbies, je lis, j’écris(poésie et théâtre) et je chante (membre fondatrice d’une chorale multiculturelle, la Voix de l’Amour de Belgique, qui vient de fêter ses 15 ans).

Depuis quelques mois, j’ai été approchée pour rejoindre un groupe qui porte un projet fantastique : Medicasure.

Il s’agit d’une solution d’intermédiation médicale qui permet aux personnes de la Diaspora de prendre soin de leurs parents (père,mère,frères,soeurs,oncles,cousins, cousines, …) sans nécessairement se déplacer ou s’arracher les cheveux.

Elle consiste, après prise de contact, signature d’une convention, accord de principe par paiement d’une souscription (one-shot, ou annuelle, hors frais médicaux), de bénéficier de la mise en relation directe au Cameroun avec les meilleurs spécialistes du réseau médical (bénéficiant d’une formation continue suivant les meilleurs standards internationaux). Nous fournissons un carnet de santé ‘dématérialisé’, disponible en un seul clic,  permettant une traçabilité du parcours de soins de vos proches où qu’ils soient, et ce dans des délais très courts et des tarifs accessibles à tous.

Nous sommes partis du constat que la Diaspora qui est l’un des poumons financiers de l’Afrique lui fournit à temps et à contretemps tout ce dont elle a besoin pour rester debout. Hélas, les efforts ne produisent pas toujours les effets escomptés.

Juste pour prendre un exemple :  une bonne partie d’entre nous a été confrontée à des parents les contactant pour les aider à financer leurs soins de santé, mais se voit dire le lendemain ou le surlendemain que les sous qui ont été envoyés ont été utilisés pour résoudre d’autres problèmes dits ‘plus urgents’.

Nous avons aussi le cas d’une dame qui pendant plus d’une année et demie souffrait de fortes douleurs abdominales, mais se faisait soigner pour des problèmes de typhoïde ; alors qu’en fait la pauvre dame avait un cancer à stade très avancé. Elle avait pourtant bien dépensé pour le diagnostic.

Qu'y a-t-il de plus important que la santé, que la vie !

Nous rencontrons aussi le cas de personnes qui ayant les sous, n’ont pas pu contacter LE bon médecin, capable d’effectuer le bon diagnostic, ou bien que compétent, ne possède pas les outils adéquats lui permettant de poser un bon diagnostic, ou n’ayant pas le réflexe de référer le patient le cas échéant.

Pour Medicasure, nous avons une ambition africaine voire internationale, le Cameroun n’étant pas le seul pays du continent avec un véritable problème de prise en charge fiable, au prix juste et aux compétences de suivi de patients approprié.

Medicasure est porté par six personnes, dont trois médecins : le Docteur Kamto Fotso Christian (Belgique), le docteur Kadji Charly (Allemagne) et le docteur Tessa Roosevelt (Belgique). A côté des médecins assurant la partie médicale et technique, nous avons aussi un actuaire, M. Komnek Armand (Luxembourg) qui assure la partie financière du projet, Eric Ndefo, informaticien, nous aide concernant la mise en place de notre infrastructure technique et informatique. En ce qui me concerne, je suis la social manager de Medicasure.

Medicasure dispose de son pendant au Cameroun, tenu par une équipe opérationnelle au Cameroun et  une entité administrative.

Pour plus d’informations au sujet de Medicasure, vous pouvez visiter notre site internet ou de nous contacter. 

Donc voilà en gros ce qui occupe mon quotidien !

Quel a été votre parcours universitaire au Cameroun ?

J’ai fait deux années de droit à l’université de Ngoa-Ekelle(Yaoundé I). J’ai aussi effectué des études de journalisme et ai travaillé comme journaliste d’investigation pendant 2 ans,en faisant en simultané de l’animation radio.

Quelques grandes étapes de votre parcours en Europe ?

 J’ai continué à Strasbourg en France, à l’institut René Cassin puis en Belgique ou j’ai suivi d’autres formations.

Je suis allée en Belgique pas avec le désir de m’installer mais les aléas de la vie ont fait que j’ai fait ce choix là, avec un parcours scolaire associé afin d’accélérer mon intégration. Je me retrouve à faire des études d’infirmière et de nombreux jobs en parallèle pour pouvoir m’en sortir.

J’ai travaillé 8 ans dans un hôpital universitaire en Belgique et je me suis reconvertie suite à un accident du travail dans l’assistante sociale
J’ai été en parallèle de mon travail amenée à effectuer un master d'ingénierie de l’action sociale qui consiste à étudier l’organisation de la société, et de réfléchir à son optimisation.

J’ai également fait une formation de chef d’entreprise spécialisée dans la direction des maisons de repos et de soins pour les seniors (ce qui est en

l’occurrence dans la droite ligne de mes études de master :)).

J’ai été Professeur Assistant en Haute École pour les étudiants en bachelor d’assistance sociale, et jusqu’à ce jour, reste membre de jury pour ces étudiants ayant achevé leurs trois années d’études.

Partant du postulat qu’une personne qui a de la connaissance et qui ne la transmet pas est une bibliothèque qui se meure, j’ai choisi de faire une formation de gestionnaire de formations et de formatrice. La différence entre gérer des personnes ayant besoin de formation et des formations étant deux problèmes distincts, l’un effectuant une association entre les besoins de la société et des compétences à acquérir et l’autre préparant les supports de formation.

Il y a des choses dont je suis orpheline, et depuis un certain temps je fais une formation en communication et une autre en marketing/gestion des ressources humaines

Mon prochain challenge est de continuer une formation de droit et de devenir avocate ou de faire une formation de santé publique dans le cadre de mon implication dans le projet Medicasure.

Pourriez-vous vous exprimer sur les diverses difficultés rencontrées durant votre séjour ?

Il y a également des événements heureux, la santé, l’éducation et la formation, et de profiter un système qui offre aux adultes en formation continue très performante.(On a vu en France une femme de 80 ans devenir avocate !)

Le parcours a été laborieux, mais on rend grâce à Dieu pour notre situation très confortable au regard de celles de plein de mes connaissances.

Au vu de votre première expérience au Cameroun et en Europe, s'il fallait la reproduire, le feriez-vous de la même façon ?

Si c’était à refaire, je changerai certaines choses autrement, mais pas tout. Sans perdre de vue que dans la vie il y a des ‘one lifetime opportunity’ à ne surtout pas laisser passer.

Horizon dignité sensibilisant mieux les jeunes aux potentielles difficultés lors de leur arrivée en Europe, il faudrait aussi dire aux dirigeants de nos pays de ne plus laisser nos jeunes aller mourir dans la méditerranée ou être esclaves en Libye.

Ne plus laisser les jeunes surdiplômés devenir moto taximen (avec tout le respect dû à cette profession).

Si j’avais une baguette magique, je ferais tout pour améliorer de façon massive la santé, l’éducation et la culture, qui est un pilier majeur de notre identité.

Des conseils aux jeunes désirant étudier à l'étranger et en Europe en particulier ?

Si j’ai un conseil à donner, c’est de faire le bon choix. Ne pas prendre de décision hâtive, et de ne rien faire dans la précipitation.

Demander les conseil d'aînés avisés et de prendre le temps nécessaire. Deux ans, trois, cinq ans pour préparer son parcours d’immigration, afin d’éviter autant faire ce peut de faire les mêmes erreurs que les anciens.

Je suis en Europe pas par choix, mais par dépit, même s’il s’est transformé en semi bonheur. Se dire qu’il li n’y est pas obligé de prendre quelque chose par choix, mais qu’on peut aussi donner aux autres, de façon totalement altruiste. On finit en général par recevoir aussi.

Une anecdote : à mon arrivée Belgique, nous étions une famille où on se soutenait et où on prenait soin les uns des autres. Les aînés à partir de 2001 nous déconseillaient d’acheter des maisons, supposant que notre séjour n’était que temporaire.Ceci n’était pas conseils avisés , mais on comprend que ce sont des conseils liés à leur expérience.

Utiliser cette expérience pour conseiller les jeunes arrivant, et en l’occurrence et de leur conseiller par exemple de s’établir dès que possible. Je suis heureuse car plein de mes ‘enfants’ en Belgique sont d'heureux propriétaires bien intégrés dans leur environnement.

Que les jeunes essaient autant que possible de réaliser les choses chez eux, ce qui est de toute façon plus facile, avec l’aide des aînés.

Qu’ils écoutent aussi plus les ainés, et qu’il n’oublient pas qu’à un certain âge on a vu plus de choses et qu’ils ont bon dos d’en profiter !

Nous faisons un constat : la plupart des Camerounais ( Baloum ou non, à l'instar de Fotso V., Feu M. Kadji, Abbo Mohammadou ...) ayant émergé dans les affaires et réussi à bâtir une fortune (troisième quartile de revenus) n'ont ni étudié ni vécu en Europe. Or une majorité de jeunes Camerounais ont pour objectif d'émigrer en Europe. N'y a-t-il pas là un paradoxe ?

C’est clair qu’il y a un paradoxe, mais il faut en toute circonstance avoir l’esprit de discernement.

Les Kadji et consort n’ont certes pas été à l’école du Blanc, mais sont été à l’école de la vie. Les gens ne font malheureusement pas le distingo entre les deux, la meilleure école étant celle de la vie

.

Les jeunes arrivent à immigrer grâce à l’école du Blanc qui leur permet de produire du savoir intellectuel formalisé, ce qui est totalement différent.

Où que l’on soit, il faut croire à son environnement et partir des besoin réels des personnes et y apporter des solutions concrètes.

On peut aller à l’école et accumuler les diplômes, mais ça ne remplacera jamais l’éducation que nos parents nous ont confiés.

Quand un enfant d’une fratrie arrivait à s’en sortir, on lui confiait la responsabilités de cadets et rebelote, afin de les guider dans la vie.

Ceci est en train de progressivement disparaître dans nos sociétés, ce qui est vraiment très dommageable. Une forme récente de ce compagnonnage est le mentorat, qui se développe en Europe dans les plus hautes sphères sociales , et qu’on gagnerait à ne surtout pas perdre dans nos pays, car faisant partie de notre identité depuis toujours.

Les jeunes d’aujourd’hui sont sur leur pied d'estale, et apprennent peu de la vie. On rencontre des ingénieurs, médecins, certes hauts gradés, mais ne pouvant pas accomplir certaines fonctions.

L’un des problèmes auxquels l’Africain est confronté est le travail en équipe, où l’intellectuel s’associe au praticien pour produire quelque chose de meilleur. Nos jeunes évoluent en vases clos, prison de l’intellectualisme totalement fermée aux réalités de terrain.

Nous sommes les communautés certes très solidaires dans le noyau familial, mais très individualiste néanmoins dans le cadre du partage et de l'élévation collective.

Les jeunes doivent arriver à faire des choses ensemble et de combiner les potentiel pour faire de grandes choses.

Mais Hélas il faut trouver des jeunes et adultes à l’écoute, des adultes capables d’avoir la patience pour transmettre ce qu’ils savent. Ceci me fait penser au concert de ‘startup’ théorisé en Europe où de groupes de personnes très jeunes en général, et plein d’enthousiasme se font mentorer pour faire avancer leurs projets par des personnes beaucoup plus matures.

Quelque chose à ajouter ?

Ma phrase fétiche : ‘Chaque chose a la valeur que celle qu’on lui donne’.

Apprenons à nous donner de la valeur pour que les autres nous en donnent. Apprenons à nous faire confiance pour pouvoir faire de grandes choses et suivre l’exemple des autres qui malgré des grandes différences arrivent à trouver des compromis.

Arrêtons à utiliser la moindre chose pour pouvoir aboutir à des querelles inutiles.

Donnons nous de la valeur ! Dire aux gens qu’on existe et avons autant de mérite que tous les autres !

Agissons, cessons de nous plaindre et de nous laisser taper dessus ! Cessons d’être aussi nombrilistes et individualistes , travaillons à tirer tout le monde vers le haut !


Tous Unis pour le même but                                                                 /

Prochaine A.G.

Le 21 Septembre 2019

Heure de début de réunion : 15 h
Comptes-rendus anciennes ags

Partenaires

Les organisations suivantes ont bien
voulu nous soutenir dans la réalisation de nos projets

Nous les en remercions !